Alice au pays des brindilles

Publié le 19 novembre 2021 à 13h25 par Aliette S au cours de l'atelier d'écriture: Atelier Buissonnier

Alice somnolant à l’ombre d’un arbre vit soudain passer un Lièvre tout habillé, vêtu d’un pantalon de toile verte à bretelles et d’un petit gilet de flanelle à carreaux, et portant sur l’épaule un sac de marin de toile beige dont le poids le faisait se cambrer, ce qui pour un Lièvre est une posture inconfortable. Consultant sa breloque, il bredouillait « Tonnerre de Brest ! Je vais être retard au goûter de la Reine ! Ce sac m’encombre ! Tiens, une petite fille endormie, je pourrais le déposer à côté d’elle et le reprendre ensuite ».

Aussitôt dit, aussitôt fait ! Le Lièvre, sans remarquer qu’Alice l’observait, se délesta de son sac et disparut dans un trou creusé au pied de l’arbre. Intriguée, Alice était tentée de le suivre. Mais soudain, le sac que le Lièvre avait déposé auprès d’elle fut animé d’un léger tremblement. Ce sac qui pour le Lièvre était gros et encombrant faisait à Alice l’effet d’un de ces petits sachets que l’on dépose dans les placards pour éloigner les mites. Alice tendit la main pour s’en saisir. Le tremblement cessa net.

Alice hésitait, mais la curiosité l’emporta sur la peur.

Elle défit le lien.

Un Valet de carreau bondit hors du sachet, très agité, avec des manières tout à fait malpolies, et sans saluer ni se présenter, se mit à crier à l’adresse d’Alice :

« Partons d’ici, partons ! Il est HORS DE QUESTION que je reste une minute de plus dans cette histoire ! Me faire couper la tête, non merci ! Allons, partons ! Plus vite que ça, petite sotte, vous allez y passer vous aussi ! »

Subjuguée, Alice se releva, défroissa sa jupe, la tapota pour faire tomber les brindilles qui s’étaient accrochées au tissu et courut derrière le Valet de Carreau qui avait pris la direction du village.