Magnolia

Publié le 8 avril 2022 à 14h02 par Lucile T au cours de l'atelier d'écriture: Atelier Papillon

Une seule chose est réellement sacré dans le jardin. Le magnolia. Immense, imposant et si joli. Il projette son ombre dans la moitié de la pelouse et étend sa chevelure jusqu’au fil du téléphone. Tout au long de l’année, il passe par tous les états. Nu, en bourgeon, en fleur, en feuille. La période la plus courte est finalement la plus majestueuse. Quand les boutons s’ouvrent et qu’il se pare de rose. Il envahit toute la vue. Jusque dans la rue, il se montre à tout le monde. Fier de sa parure. Il faut se mettre sur la pointe des pieds pour caresser ces grandes fleurs délicates. Tout le monde retient son souffle pour savoir combien de temps la météo lui donnera. Combien de temps avant que le sol soit le cimetière de sa majesté. Quand ils se dévêt de ses fleurs, on pourrait croire qu’il neige. D’un coup de vent, les pétales tombent en cascade. Et si la chance s’en mêle, il y a le temps encore plus court de l’entre-deux. Rose et vert. Fleur et feuille. Tout aussi beau mais dans un style plus sobre. Généralement les premiers jours d’avril le voit tout de vert vêtu. Une main passe entre les feuilles sur le chemin hors du jardin. Il se démarque moins dans le paysage mais ne passe pas pour autant inaperçu. Il reste fier et droit tout l’été. A ce moment-là, il ne peut plus rivaliser avec l’hortensia. Il n’essaye même pas car il sait que quelques semaines par an, c’est lui la vedette. Lui et lui seul.